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Maternelle, 1965
Maxwell Bates, Maternelle, 1965
AGGV 82.7
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Maxwell Bates est le premier artiste expressionniste canadien du milieu du 20ème siècle.

Ce site explore les pensées profondes de Bates sur la condition humaine, et son extraordinaire inventivité y est présentée. "J'ai toujours désiré mettre en évidence les qualités universelles fondamentales, qu'elles soient d'actualité ou particulières." Les thèmes de son art - habitants des Prairies, travailleurs, cocktail parties, odalisques, diseuses de bonne aventure et travaux allégoriques sur les mendiants-rois et les Secrets du Grand Hôtel - témoignent du dévouement à son but. Ses représentations des habitants des Prairies, qu'il développa à partir de 1946, apparaissent comme les prototypes de ses œuvres ultérieures sur les pantins et les épouvantails.

Son goût pour la franchise, l'intensité et la simplicité a bien servi son expressionnisme, de même que sa conscience sociale et son intérêt de toujours pour la relation existant entre les apparences et la réalité.

1906-1930.

Calgary, Canada

Pendant cette "période très importante de (sa) vie" à Calgary, Maxwell Bates explore son penchant pour le dessin, le motif, les couleurs fauves, et l'art figuratif et non-objectif. A la même époque, il développe un intérêt à représenter la condition humaine. Ses influences artistiques sont alors: Daumier, Studio 1904 – 1914, Goya, Velasquez, Degas, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Gauguin et Cézanne, le Roman russe, la vision et la conception de Roger Fry, Clive Bell. En 1929, Bates aura transcendé ces influences et créé un art figuratif, prototype de l'Expressionnisme.

1931-1939.

"Les contrastes m'ont toujours intéressé, les opposés totaux."

Londres, Angleterre

Maxwell Bates arrive à Londres pendant la dépression de 1931, à l'âge de 25 ans. Lucy Wertheim, la marchande d'art et propriétaire de galerie qui le représente, l'invite bientôt à rejoindre un groupe de jeunes artistes britanniques des plus prometteurs, comme Barbara Hepworth et Victor Pasmore. En 1934 et 1937, Bates monte ses propres expositions.

Le style de Bates, dans les années 30, est varié, mais on discerne un style expressionniste à partir de 1937. Peu de ses œuvres des années 30 sont connues, mais ce site web a l'honneur d'en présenter plusieurs, venant de Salford, G-B. et Auckland, Nouvelle-Zélande, dons de Mme Wertheim aux institutions de ces deux villes.

A Londres, Bates visite quelques 2000 expositions. L'art d'Ed Burra et de Paul Nash l'intéresse, ainsi que les idées d'Herbert Read.

Durant cette période, Bates développe également son intérêt dans les estampes japonaises, l'astrologie et les horoscopes.

1940-1945.

Prisonnier de guerre, Allemagne

Les trois œuvres ayant survécu à cette période - le mémorable "Hôtel Eichenbaum (lieu de la Cuisine de l'Enfer), la seconde, effectuée lors de la Première Marche Forcée", et la troisième, esquissant des scènes de camp -, ne représentent qu'une fraction de l'expression créative de Bates prisonnier dans un camp (voir le lien 'Carnet de prisonnier de guerre', sous l'onglet Ecrits). Dans l'ensemble, le travail forcé dans une mine de sel, principalement dans l'équipe de transport, sept jours par semaine pendant cinq ans, aura accru, chez Bates, sa perception du monde du travail. Il trace, au crayon, le portrait de ses camarades, et raconte: "Mon expérience de prisonnier de guerre a intensifié mon art […], car j'y pensais tout le temps."

1946-1961.

Calgary, Canada

A son retour, les premières œuvres artistiques importantes de Maxwell Bates dépeignent les habitants des Prairies canadiennes, tel Femme des Prairies (1947), icône de l'Ouest canadien. La femme-pantin (1948), au message universel et à l'expression intense, fait entrer Bates dans un profond expressionnisme d'après-guerre. "L'Homme est manipulé par des forces extérieures qu'il ne peut contrôler."

Ses développements ultérieurs – un cours de quatre mois avec Max Beckmann, son admiration pour Paul Klee à New York en 1949-1950, son travail de défrichage en compagnie de John Snow, dans la lithographie couleur, un intérêt grandissant dans les pantins et les épouvantails/crucifixions, ses peintures paysagistes et ses peintures de style à facette et tachiste, l'invention en 1961 de monotypes qui incorporent l'impression de napperons et de lavis d'encres colorées– révèlent la grande complexité de cet artiste de l'Ouest canadien, également architecte bien occupé, qui explorait l'art moderne dès que l'occasion se présentait.

En 1952, Maxwell Bates souffre grandement de la perte de sa premiere épouse, May Watson Bates.

1962-1980.

Victoria, Canada

Désormais installé à Victoria comme artiste et écrivain, ayant pris sa retraite de l'architecture, Bates crée de façon florissante sa série pleine d'esprit 'Artistes au travail' et sa série littéraire 'Les secrets du Grand Hôtel'. Conçue comme une collection, cette dernière affiche une structure parallèle à celle de son "roman" à facettes "Vermicelli ", qu'elle est censée accompagner.

Il expérimente encore davantage avec les matériaux, la technique, les compositions, et développe ses thèmes: mendiants-rois, cocktail parties, diseuses de bonne aventure, prisonniers de guerre civils, habitants des Prairies et marionnettes.

Dans sa quête de "franchise, simplicité et intensité", Bates atteint le sommet de son art, et crée les chefs-d'œuvre Maternelle (1965), Crique à Saanich (1965), La belle Colombie-Britannique (1966), Les gens de la ferme (1967) et Odalisque (1970). Enrichissant de manière incalculable la vie culturelle de Victoria par son inventivité, Bates devient un membre bien-aimé des Limners, un "groupe convivial d'artistes qui socialisent et réalisent également des expositions de groupe". Les Limners tirent leur nom de ces artistes itinérants qui, en Europe, gagnaient leur vie en peignant des portraits et des enluminures. Ils adoptèrent comme logo le symbole runique représentant l'humanité.

Bates était une locomotive de la conscience culturelle canadienne jusqu'à sa mort en 1980, et son influence demeure à ce jour.

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